Les Forges anciennes en Périgord-Limousin-Angoumois
L’histoire de la métallurgie en Périgord-Limousin-Angoumois fait aujourd’hui partie du passé artisanal et industriel. Pourtant, pendant des centaines d’années, les berges de nombreux cours d’eau de cette petite région de l’Ouest du Massif-Central ont retenti du bruit des forges, des marteaux, des enclumes, du chargement et coulées des hauts et bas fourneaux, ainsi que de celui du transport du minerai ou des fontes, vers les sites des petites fabriques nombreuses sur ce territoire.
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Carte des Forges du Périgord-Limousin-Angoumois aux 18e et 19e siècles (dessin d'après Vincent Nogues) |
La région dite « Périgord-Limousin-Angoumois » est située sur les limites des anciennes provinces françaises qui lui ont donné son nom, dans les actuels départements de la Dordogne, de la Haute-Vienne et de la Charente.
Le « Parc Naturel Régional Périgord-Limousin », s'inscrit dans les limites de la région « Périgord-Limousin-Angoumois ». Situé à la périphérie Nord-Ouest du Massif-Central, il a été créé en mars 1998. Il s’inscrit dans un triangle entre Angoulême à l'Ouest, Limoges au Nord-Est et Périgueux au Sud, bien que ces villes soient éloignées d'une cinquantaine de kilomètres des limites du parc. Le « PNR Périgord-Limousin » couvre une surface de 1 858 km2, avec des altitudes allant de 85 m à 556 m.
Le « PNR Périgord-Limousin » est partagé entre deux départements : la Haute-Vienne, pour les régions de Rochechouart et de Chalus, et la Dordogne, pour la région du Périgord-Vert. Le « PNR Périgord-Limousin » est situé dans la grande région Nouvelle-Aquitaine, créée suite à la réforme territoriale de 2015.
L’actuel « PNR Périgord-Limousin » fut caractérisé, du Moyen-âge jusqu’au troisième quart du 19e siècle, par une riche activité métallurgique. Celle-ci était due à l’implantation de très nombreuses forges sur l’ensemble de ce territoire situé, sous l’Ancien Régime, sur les limites des provinces du Limousin, de l’Angoumois et du Périgord, et, depuis 1790, sur celles des départements de la Dordogne, de la Charente et de la Haute-Vienne !
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Situation du Parc Naturel Régional Périgord-Limousin |
Les forges du Périgord-Limousin-Angoumois, qui ont existé entre le Moyen-âge et le 19e siècle était d'une certaine manière les héritières d'un savoir faire ancestral qui avait vu son apogée à l'Époque gallo-romaine, tel que nous l'avons décrit dans « Métallurgie en Périgord-Limousin-Angoumois ; 2 : Gaulois / Gallo-romains » !
Les forges du Périgord-Limousin-Angoumois, dont plus d’une centaine ont œuvré
simultanément, fabriquaient de la fonte de fer, des fers retravaillés de différentes
qualités, de l’acier et des objets en fonte : marmites, poêlons et plaques
de cheminées. Certaines forges produisaient aussi des clous ou de l’outillage
métallique pour l’artisanat et l’agriculture.
La plupart des forges du Périgord-Limousin-Angoumois ont fourni de la fonte ou du fer à la Fonderie Royale de Ruelle-sur-Touvre et les plus importantes ont réalisé
des canons de marine pour l’Arsenal de Rochefort-sur-Mer.
Au 18e siècle, le territoire du PNR Périgord-Limousin regroupait le vingtième des fabriques à fer de France, et était en 1789, au début de la Période Révolutionnaire, la sixième région sidérurgique du Royaume de France.
La Forge de Peyrassoulat, devenue propriété de M. Adolphe BOISBERTRAND au milieu du 19e siècle, était un établissement sidérurgique établi depuis très longtemps dans la Haute Vallée de la Tardoire. Ceci est certifié par un inventaire de 1789, sur lequel il est indiqué que la Forge de Peyrassoulat est une forge à un feu, « établie de temps immémorial, sur une retenue d’eau de la Tardoire ».
Le village de Peyrassoulat, est érigé sur un talweg naturel orienté Est-Ouest, sur lequel ont été aménagé des terrasses ayant permis l‘édification des bâtiments de l’ancienne forge.
La Forge de Peyrassoulat était installée près d’un barrage constituant la retenue d’eau nécessaire à actionner le marteau-pilon et les soufflets de la manufacture, dans un coude formant un méandre sur le parcours de la Tardoire, qui coule à cet endroit dans une profonde vallée.
Le sommet de la colline située entre le bourg de Chéronnac et le hameau de Peyrassoulat forme, au lieu-dit la Grue, à une altitude avoisinant 240 m, le point de rencontre de deux lignes de partage des eaux, celle entre le Bassin de la Charente et le Bassin de la Vienne, d’une part, et celle entre la Haute vallée de la Charente et la Haute vallée de la Tardoire, d’autre-part.
Les bâtiments la Forge de Peyrassoulat sont aujourd’hui en ruines, mais on reconnait les vestiges de différents locaux industriels, de l’habitation du maître de forge, les terrasses aménagées à flancs de vallée, le système de drainage et l‘emplacement de l’ancien jardin potager. Les restes de mâchefer, disséminés sur le site, sont les derniers témoins encore visibles de l’activité de cet ancien établissement métallurgique.
La Tardoire, qui prend sa source dans les Monts de Châlus, alimentait en eau les biefs de nombreux moulins encore en activité au début du 20e siècle.
La Forge de Peyrassoulat n’était pas la seule à profiter de la qualité des eaux de la Tardoire, aussi réputée pour le trempage de l’acier. Deux autres forges existaient autrefois entre Chéronnac et Les Salles-Lavauguyon : la Forge du Buisson et la Forge de Raux.
La situation géographique des établissements métallurgiques avait été principalement imposée, dès les origines, par la disposition des cours d’eau descendant des contreforts du Massif-Central. Ceux-ci fournissaient une eau abondante capable de produire la force motrice nécessaire à actionner les soufflets pour les foyers des fonderies, ainsi que les martinets, ou marteau pilons, utilisés pour marteler la fonte et le fer dans les forges.
Deux rivières du Périgord-Limousin-Angoumois étaient principalement appropriées pour fournir la force hydraulique nécessaire aux forges : la Tardoire et le Bandiat. Elles descendent des Monts de Châlus, sur la bordure de l’Ouest du Limousin, et coulent dans deux profondes vallées encaissées qui ont pénétré le massif cristallin.
Contrairement à d’autres rivières le débit de la Tardoire et du Bandiat est plus puissant en amont que sur leur trajet vers l’aval, où elles rencontrent les calcaires du Jurassiques Supérieur et disparaissent, presque totalement selon les saisons, dans des failles et gouffres du Karst de La Rochefoucauld.
Le Karst de La Rochefoucauld, situé à l'Ouest de la région « Périgord-Limousin-Angoumois », d’une superficie de 500 km², s’étend entre La Rochefoucauld à l’Est, la Faille de l'Échelle à l’Ouest, la Bonnieure au Nord et le Bandiat au Sud, au seuil des anciennes provinces de l’Angoumois et du Périgord. C’est le second bassin karstique de France, principalement drainé par la Résurgence de la Touvre.
De part cette disposition les forges ne purent pas être installées en aval du Moulin de la Forge de Rancogne sur la Tardoire et au dessous de la Forge de La Mothe, à Feuillade, sur le Bandiat.
Les fabriques métallurgiques de la région « Périgord-Limousin-Angoumois », quelles soient constituées autour des hauts-fourneaux ou des feux d’affinages, s’étaient installées au plus près des ressources naturelles utilisées. Dans un espace géographique riche en minerai de fer, en bois de feuillus pour la fabrication du charbon de bois nécéssaire à la chauffe, pour ce qui concerne les matières premières, où les cours d'eau (Tardoire, Trieux, Bandiat, Côle, Dronne et Lizonne), ainsi que les nombreux déversoirs d’étangs naturels ou artificiels de la région granitique, fournissaient l’énergie hydraulique.
Le Karst de La Rochefoucauld, situé à l'Ouest de la région « Périgord-Limousin-Angoumois », d’une superficie de 500 km², s’étend entre La Rochefoucauld à l’Est, la Faille de l'Échelle à l’Ouest, la Bonnieure au Nord et le Bandiat au Sud, au seuil des anciennes provinces de l’Angoumois et du Périgord. C’est le second bassin karstique de France, principalement drainé par la Résurgence de la Touvre.
De part cette disposition les forges ne purent pas être installées en aval du Moulin de la Forge de Rancogne sur la Tardoire et au dessous de la Forge de La Mothe, à Feuillade, sur le Bandiat.
Au 18e siècle, le territoire du PNR Périgord-Limousin regroupait le vingtième des fabriques à fer de France, et était en 1789, au début de la Période Révolutionnaire, la sixième région sidérurgique du Royaume de France.
Toutes ces forges n’avaient pas la même importance économique.
De nombreux établissements appartenaient à un noble ou à un riche propriétaire, ceux-ci déléguaient souvent la responsabilité de l’activité métallurgique à un Maître de forge, ou affermait la forge elle-même. De la même façon que les grands propriétaires laissaient l’exploitation de leurs domaines agricoles aux soins de métayers, ou colons, et s’occupaient seulement de l’exploitation de leurs réserves foncières.
Le travail des forges retenait aussi toute une main-d’œuvre de bucherons, de charbonniers et de fondeurs, bien que ces derniers ne venaient aux grandes forges que pour le coulage et le chargement des hauts-fourneaux. Ceux retravaillant la fonte pour fabriquer différentes sortes de fers avaient toutefois un emploi plus régulier. Ces manufactures métallurgiques de plus ou moins grandes importances, venaient compléter une activité agricole traditionnelle, fréquemment peu productive de part les difficultés rencontrées sur le relief accidenté de cette région de l’Ouest du Massif-Central, presque essentiellement caractérisé par un sol formé de roches granitiques.
Les revenus de ces petits en moyens sites industriels étaient souvent combinés avec ceux d’un domaine agricole ou par l’exploitation forestière, notamment pour la production de charbon de bois destinée aux forges, et par celle des matières premières du sous-sol : minerais de fer, roches et pierres pour les constructions.
Monsieur
Adolphe BOISBERTRAND, était maire de Chéronnac et avait obtenu en 1857 la médaille d’argent agricole, pour les
amendements calcaires qu’il avait réalisé dans les terres de sa réserve. Le travail des forges retenait aussi toute une main-d’œuvre de bucherons, de charbonniers et de fondeurs, bien que ces derniers ne venaient aux grandes forges que pour le coulage et le chargement des hauts-fourneaux. Ceux retravaillant la fonte pour fabriquer différentes sortes de fers avaient toutefois un emploi plus régulier. Ces manufactures métallurgiques de plus ou moins grandes importances, venaient compléter une activité agricole traditionnelle, fréquemment peu productive de part les difficultés rencontrées sur le relief accidenté de cette région de l’Ouest du Massif-Central, presque essentiellement caractérisé par un sol formé de roches granitiques.
Les revenus de ces petits en moyens sites industriels étaient souvent combinés avec ceux d’un domaine agricole ou par l’exploitation forestière, notamment pour la production de charbon de bois destinée aux forges, et par celle des matières premières du sous-sol : minerais de fer, roches et pierres pour les constructions.
C’est dans ce contexte que le chroniqueur du « Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Haute-Vienne » de 1858 mentionne que Monsieur Adolphe BOISBERTRAND, de Peyrassoulat, de la commune de Chéronnac, en Haute-Vienne :
« … possède une forge entourée d’une propriété de 97 hectares, exploitée en deux domaines et une petite réserve. » Ce même bulletin précise aussi que : « M. Boisbertrand a su prendre dans sa réserve l’initiative de bonnes cultures. Il a chaulé (depuis 1854), introduit des plantes fourragères, labouré les terres à la charrue, et, faisant de cette réserve une espèce de ferme-école, il a su entraîner ses colons dans la voie du progrès réel ».
La Forge de Peyrassoulat, devenue propriété de M. Adolphe BOISBERTRAND au milieu du 19e siècle, était un établissement sidérurgique établi depuis très longtemps dans la Haute Vallée de la Tardoire. Ceci est certifié par un inventaire de 1789, sur lequel il est indiqué que la Forge de Peyrassoulat est une forge à un feu, « établie de temps immémorial, sur une retenue d’eau de la Tardoire ».
La Forge de Peyrassoulat, un long héritage industriel et naturel
Le site de la Forge de Peyrassoulat, située dans la commune de Chéronnac, en Haute-Vienne, dans le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, se trouve aujourd’hui en contrebas du village du même nom, sur les bords de la Tardoire, en amont de l’ancien moulin à grains de Peyrassoulat, mentionné sur un acte du registre paroissial de Chéronnac en 1788.
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Aperçu du site de la Forge de Peyrassoulat au début du 21e siècle (dessin d'après Alain Freytet, Paysagiste d.p.l.g.) |
Le village de Peyrassoulat, est érigé sur un talweg naturel orienté Est-Ouest, sur lequel ont été aménagé des terrasses ayant permis l‘édification des bâtiments de l’ancienne forge.
La Forge de Peyrassoulat était installée près d’un barrage constituant la retenue d’eau nécessaire à actionner le marteau-pilon et les soufflets de la manufacture, dans un coude formant un méandre sur le parcours de la Tardoire, qui coule à cet endroit dans une profonde vallée.
Le sommet de la colline située entre le bourg de Chéronnac et le hameau de Peyrassoulat forme, au lieu-dit la Grue, à une altitude avoisinant 240 m, le point de rencontre de deux lignes de partage des eaux, celle entre le Bassin de la Charente et le Bassin de la Vienne, d’une part, et celle entre la Haute vallée de la Charente et la Haute vallée de la Tardoire, d’autre-part.
Les bâtiments la Forge de Peyrassoulat sont aujourd’hui en ruines, mais on reconnait les vestiges de différents locaux industriels, de l’habitation du maître de forge, les terrasses aménagées à flancs de vallée, le système de drainage et l‘emplacement de l’ancien jardin potager. Les restes de mâchefer, disséminés sur le site, sont les derniers témoins encore visibles de l’activité de cet ancien établissement métallurgique.
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Ruines de l'ancienne maison du maître de forge |
La Tardoire, qui prend sa source dans les Monts de Châlus, alimentait en eau les biefs de nombreux moulins encore en activité au début du 20e siècle.
La Forge de Peyrassoulat n’était pas la seule à profiter de la qualité des eaux de la Tardoire, aussi réputée pour le trempage de l’acier. Deux autres forges existaient autrefois entre Chéronnac et Les Salles-Lavauguyon : la Forge du Buisson et la Forge de Raux.
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La Tardoire, près de l’ancienne Forge de Peyrassoulat |
L’ancienneté des constructions et d’un habitat sur le site de la Forge de Peyrassoulat est incontestablement confirmée par la présence des quatre ifs communs âgés de plus de 500 ans (± 30 ans), qui ont poussés sur une terrasse soutenue par d’imposants murs de pierres.
L’édification des murs de soutènement de l’ancien jardin est bien antérieure à la plantation de ces arbres cinq fois centenaires qui se dressent encore aujourd’hui sur le site, ce qui permet de dater la construction de cette structure au 15e siècle ou vers la fin du 14e siècle.
La plantation des ifs communs, devenus aujourd’hui exceptionnels de par leur âge, daterait des alentours de l’année 1495. Cette date présumée permettrait d’affirmer que leur ancienneté remonterait au règne du Roi de France Louis XII (1462- 1515).
Cette constatation permet, sans trop de doute, de confirmer que le site de la Forge de Peyrassoulat existait déjà à l’époque où Foucaud de ROSIERS, ou ROUSIERS (1479-1497), Sieur de la MOTHE, était Seigneur de Chéronnac.
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Blason de la famille de ROSIERS ou ROUSIERS seigneurs de Chéronnac au 15e siècle |
Foucaud de ROSIERS était le fils de Pierre de ROSIERS, Seigneur de Chéronnac, Châteauneuf et Puy-Malet, et de Catherine FAULCON, Dame de SALES, de la paroisse de Chassenon, il était l'époux de Catherine DAVID et le père de Marie des ROSIERS. Ce même Foucaud de ROSIERS semble avoir fait édifier, ou modifier et agrandir au 15e siècle, les fortifications du « vieux château » de Chéronnac.
Le « vieux château » ou « château dit de Mirabeau », à Chéronnac, aujourd’hui ruiné et dont il ne reste que le sommet d’une tour, dominait le village de Peyrassoulat et le site de la Forge du même nom, et appartenait à la famille de VASSAN jusqu'à la Révolution française.
Le « vieux château » de Chéronnac est aussi connu sous le nom de « Château de Mirabeau », car il a appartenu à Marie-Geneviève de VASSAN (1725-1794) Vicomtesse de Saint-Mathieu, Baronne de Pierre Buffière, Dame de Brie, Chéronnac, Champagnac, la Tournelle, Puyméreau et Sauveboeuf, descendante de la famille des sieurs de la MOTHE de Chéronnac, épouse du Sieur Victor RIQUETI de MIRABEAU (1715-1789), dit « L'Ami des Hommes », qui étaient les parents de Gabriel Honoré de RIQUETI de MIRABEAU (1749-1791) célèbre tribun de la Révolution Française. Il ne reste malheureusement aujourd’hui du « vieux château » de Chéronnac qu’une tour en ruine présentant encore de belles canonnières à sa base et les fondations très endommagées de quelques murs d’enceinte.
La Forge de Peyrassoulat, un interêt patrimonial et naturel indéniable
Comme d’autres emplacements de
forges historiques en Périgord-Limousin-Angoumois,
le site de Peyrassoulat se distingue
par un riche environnement naturel et d’importants vestiges archéologiques,
témoins d’un florissant passé industriel et humain, aujourd’hui révolu.
Le site de l’ancienne Forge de Peyrassoulat est aujourd’hui classé « Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique ». Il est caractérisé par deux platanes, qui agrémentaient l’esplanade face aux ruines de la maison de maître, par quatre ifs plusieurs fois centenaires situés dans un ancien jardin, ainsi que par les vestiges des bâtiments de la forge et de ceux du barrage sur la Tardoire.
Le site de la Forge de Peyrassoulat est aussi connu pour sa flore particulière : nombreuses espèces de fougères, Osmonde Royale, Fougères grand aigle, et surtout Fougères scolopendres (ou Langue de cerf), qui sont atypiques sur les sols granitiques tel que celui de la Haute-Vallée de la Tardoire, mais qui poussent ici dans les anfractuosités des anciens murs où la chaux leur apporte le calcaire nécessaire à leur croissance, tapis de pervenches au printemps, noisettes de terre, millepertuis sauvage, anémones, jacinthes sauvages, orties jaunes (ou lamiers jaunes).
Les éléments naturels les plus marquants du site de Peyrassoulat sont toutefois deux platanes plusieurs fois centenaires.
Le plus impressionnant des deux respectables platanes est un platane dit d'Amérique (Platanus occidentalis). Il est classé parmi les arbres monumentaux de la région. La circonférence du tronc de l'arbre, mesurée (en Février 2012) à une hauteur d’environ 1 m du sol, est proche de 6 m. La hauteur mesure environ 40 m. Il serait aujourd’hui âgé d’environ 270 ans (± 30 ans), et aurait été planté vers 1740 (± 30 ans).
Grand platane du site de la Forge de Peyrassoulat, âgé de 250 ans
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Le Platane d'Amérique (Platanus occidentalis), Platane occidental ou « Sycamore », appelé plus rarement Platane d'Occident, (Platanus occidentalis) est une espèce d'arbre de la famille des Platanacées, utilisée comme arbre d'ornement.
Le grand platane (Platanus occidentalis) du site de la Forge de Peyrassoulat aurait été planté à l’époque où le fief de Chéronnac passa dans le domaine de la Famille de Mirabeau, suite au mariage de Marie Geneviève de VASSAN, vicomtesse de Saint-Mathieu, baronne de Pierre-Buffière, dame de La Tournelle, Chéronnac, Brie, Champagnac, Puyméreau et Sauveboeuf (décembre 1725 – novembre 1794), en avril 1743, avec Victor de RIQUETTI de MIRABEAU (1715-1789).
Il est aussi concevable que le platane occidental de la Forge de Peyrassoulat aurait été planté du temps où le Marquis Louis-Urbain Aubert de TOURNY était Intendant de la Généralité de Limoges, puisqu’il occupa cette fonction de 1730 à 1743. C’est aussi sur l'initiative de l’intendant Tourny que « Les états généraux des fonds », qui constituent une forme primitive du cadastre, ont été réalisés par les arpenteurs royaux, dans les années 1740-1760, pour l’ancienne Généralité de Limoges.
Le Platane d'Amérique (Platanus occidentalis) a été utilisé en France et en Europe comme arbre d’ornement. Toutefois, cette espèce de platane eut un développement difficile car très sensible aux attaques d'anthracnoses, elle ne fructifia que très rarement. Il aime en général les sols légers, profonds et frais tels qu’on en trouve dans les vallées des rivières.
C'est un grand arbre qui peut atteindre 50 mètres de haut, à houppier large de forme générale ovoïde. Son écorce gris clair, exfoliante, tournant plus tard au brun grisâtre, est assez lisse, elle se délite par plaques arrondies laissant des taches jaunâtres, surtout sur les grandes branches, plus que sur le tronc.
Les feuilles caduques, plus larges que longues (de 15 à 25 cm), vertes, elles sont à nervation palmée, palmatilobées, elles comptent trois ou cinq lobes aigus et dentés, peu profonds.
La floraison en sphères est unique et elle pend comme les fruits épineux à une longue tige. Les fleurs, unisexuées, sans périanthe, sont réunies en chatons globuleux pendants et généralement solitaires. Les fruits sont des petits akènes groupés en boules ou glomérules de 3 cm de diamètre.
Cet arbre est originaire de l’Est et du Sud de l'Amérique du nord, principalement aux États-Unis, du sud de l'Ontario jusque dans le sud du Texas et de l'est du Kansas jusqu'à l'océan Atlantique, et au Canada jusqu'à la limite sud du Québec.
Le nom commun américain ou anglophone de cet arbre est « sycamore », que l’on ne doit pas confondre avec le sycomore d'Europe, qui est un érable.
Le nom commun américain ou anglophone de cet arbre est « sycamore », que l’on ne doit pas confondre avec le sycomore d'Europe, qui est un érable.
Il est couramment considéré que c’est le botaniste, jardinier et collectionneur britannique, John Tradescant le Jeune, qui a introduit le Platane d'Amérique (Platanus occidentalis) en Angleterre au retour de son premier voyage en Virginie, en 1637.
Le Platane d'Amérique (Platanus occidentalis) est devenu très rare en Europe où il a été supplanté par le platane commun (Platanus x acerfolia).
Le second platane de la Forge de Peyrassoulat, âgé d’environ 200 ans, est situé de l’autre côté des ruines de la maison d’habitation des Maîtres de forge. C'est un platane commun (Platanus acerifolia). Il possède une circonférence de 4,2 mètres et une envergure de 35 mètres. Il aurait été planté à l’Époque de la Révolution Française, peut-être comme « Arbre de la Liberté ».
Le site de l’ancienne Forge de Peyrassoulat est aujourd’hui classé « Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique ». Il est caractérisé, comme déjà décrit, par les deux platanes qui agrémentaient l’esplanade face aux ruines de la maison de maître, par quatre ifs plusieurs fois centenaires situés dans un ancien jardin, et par les vestiges des bâtiments de la forge et de ceux du barrage sur la Tardoire.
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Ifs (Taxus baccata) de Peyrassoulat et mur de soutènement de l’ancien jardin potager |
Les quatre ifs communs (Taxus baccata) *, de circonférences et d’envergures imposantes, qui accueillent le visiteur à l’entrée du site, sont situés aux angles d’une ancienne terrasse en surplomb, sur laquelle était autrefois établi un jardin potager à la française, ce dernier était encadré par deux pavillons, aujourd’hui ruinés, qui dominaient les murs de soutènement face au chenal d’écoulement du moulin, installé sur la Tardoire.
L’If commun (Taxus baccata) est une espèce de conifères de la famille des Taxaceae, de grande longévité, poussant lentement, il est parfois appelé if à baies. Il est originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et du nord de l’Iran. En France, cet arbre est devenu rare à l’état naturel.
L’If a été planté dans les cimetières traditionnels, près des églises, puis dans les parcs et jardins, ce qui a probablement évité sont extinction au cours du Moyen Âge.
Le bois d’If était très utilisé au Moyen Âge pour la confection des Longbow et des arbalètes. Il est imputrescible et très stable, en plus d’être à la fois robuste et d’une certaine souplesse, qui sont deux qualités essentielles pour un arc.
La chair du fruit n’est pas toxique, elle est consommée par les oiseaux qui rejettent la graine dans leurs excréments. Car la graine de l'if est par contre toxique, comme le reste des parties de ce conifère, l'écorce, le feuillage et la résine.
La chair du fruit n’est pas toxique, elle est consommée par les oiseaux qui rejettent la graine dans leurs excréments. Car la graine de l'if est par contre toxique, comme le reste des parties de ce conifère, l'écorce, le feuillage et la résine.
Dans la mythologie irlandaise, l’if était l’un des cinq arbres sacrés ramenés de l’Autre Monde. Connu comme l’arbre de Ross, il était supposé être le « rejeton de l’arbre qui est au paradis », et il apporta l’abondance à l’Irlande.
Le bois d’If était tenu pour magique chez les Celtes, de par son lien avec les morts et les ancêtres.
Le nom actuel du site de Peyrassoulat a été autrefois connu sous différents vocables : Peirassoullat (1610 et 1787), Persoulas (1770 et 1785), Peyre-Soulat, Peyreloutat (1788), Peyrassoulas, Peyrassoulat (1808).
Le mot « Peyer », que l’on retrouve dans le toponyme Peyre-Soulat, est une expression du
dialecte limousin, qui vient de l'occitan « périra », issu du latin « pĕtra », qui signifie roche ou rocher. Dans ce même dialecte
limousin, le mot « soulât »
est communément lié à la notion d’ensoleillement.
Le toponyme « Peyre-Soulat » (écrit
aujourd’hui Peyrassoulat) pourrait
donc être traduit en français par : « Roche ensoleillée », ou « Pierre rayonnante » !
Peyrassoulat avant l’histoire
La tradition populaire, qui disparaît malheureusement de nos
jours avec les anciens habitants des villages qui en étaient les détenteurs,
rapporte qu’une pierre levée, autrement dit un Menhir, était visible autrefois
aux abords du village de Peyrassoulat, près du croisement des plusieurs chemins
communaux qui séparent le parcellaire du village de celui dénommé « Les terres
de Peyrassoulat ».
La pierre levée de Peyrassoulat, dressée par les soins des hommes de l'Époque Néolithique, peut être liée au nom
même du lieu, puisque que le nom « roche » ou « pierre » (peyre) et le suffixe
« ensoleillé » ou « rayonnant » (soulat ou soulas en Dialecte Limousin)
contenus dans le toponyme se rapportent généralement à la présence d’un menhir
dans la directe proximité, ce dernier ayant été souvent utilisé pour marquer
les limites territoriales des peuplades de la Période Néolithique.
Dans un « Inventaire des monuments mégalithiques ainsi que des découvertes
archéologiques qui ont été faites dans notre région », réalisé par le
docteur Albert MASFRAND et publié dans le « Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts : revue
scientifique, archéologique et agricole » en 1903, édité par
l’imprimerie Dupanier de Rochechouart, il est fait mention de la
découverte d’une « Hache
néolithique » à Peyra-Soula,
dans la commune de Chéronnac. Cette
mention, faite par le Docteur Masfrand,
de la découverte d’une hache en silex poli, datant de l’Époque Néolithique,
confirmerait une présence humaine de longue date sur le site de Peyrassoulat.
La communication de la découverte
d’un objet néolithique à Peyrassoulat
n’est pas isolée, puisque celles d’éclats de silex, de pointes de flèches en
silex et d’haches de pierre polies de l’Époque néolithique ont été plusieurs fois
mentionnée sur le proche site de Montoume,
situé aussi dans la commune de Chéronnac. Ce site archéologique, situé à la base d'une colline formée d'un amas de roches d'impactite formées lors de la chute de la Météorite de Rochechouart, fut peuplé à l’âge de la pierre polie par une ethnie appartenant à la Culture d'Artenac, qui
utilisaient du silex provenant de la région charentaise.
Peyrassoulat, un interêt patrimonial indéniable
Les annales et publications dédiées
à la Forge de Peyrassoulat permettent
d’affirmer qu’elle aurait fonctionné sans interruption du Moyen-âge
jusque dans le troisième quart du 19e siècle. C'est ce qui a motivé au printemps 2018, l'organisation du visite-conférence sur le site même de l'ancien établissement métallurgique où était retravaillé la fonte provenant des hauts-fourneaux du Périgord.
Le dimanche 17 juin 2018, un groupe de 80 personnes, constitué par des passionnés d'histoire et de nature auxquels s'étaient joint les membres de « Les Amis de Saint-Eutrope et des Sources de la Charente », ont su répondre à l'invitation de l'association et de la Mairie de Chéronnac, et ont accompagné Édouard, pour une découverte insolite du site qui les a enthousiasmé !
Il y a encore beaucoup à dire sur l'ancienne Forge de Peyrassoulat et sur le patrimoine de la Commune rurale de Chéronnac, ceci est déjà le sujet de plusieurs publications sur ce Blog d'Édouard des Salles qui vous entraînerons vers d'autres découvertes historique, archéologiques et patrimoniales...
Nous vous invitons à lire :
Cette publication « Forge de Peyrassoulat à Chéronnac, en Périgord-Limousin-Angoumois (1) » a été initiée par l'association « Les Amis de Saint-Eutrope et des Sources de la Charente », avec le soutien de la « Mairie de Chéronnac ».
Auteur : J-L.E. Marcillaud ©
Toute
reproduction est interdite sans autorisation préalable de l'auteur.