Le travail de sculpteur remonte à la nuit des temps, déjà nos lointains ancêtres des différentes époques préhistoriques s'étaient essayés à la taille de la pierre, leur réalisations se retrouvent principalement sur les parois des abris sous roches ou sur des blocs de calcaires proches de leur habitat.
La sculpture en général fut sublimée pendant l'antiquité et les bâtisseurs romains, héritiers de nombreuses traditions issues du bassin méditerranéen, ont transmis leur savoir faire, au travers de leurs monuments, aux tailleurs de pierre du Moyen-âge, sans parler des artistes d'autres cultures et d'autres continents qui ont également atteint des prestations égales et quelques fois supérieures à celles de leurs homologues européens.
Bien que les pierres naturelles relativement dures, issues des gisements proches des monuments érigés sur le socle granitique Limousin, ne se soient pas prêtées au façonnage de sculptures élaborés, certains maîtres d'œuvre n'ont pas hésités à incorporer des blocs de calcaire dans l'architecture de leurs édifices.
Cette adaptation fut souvent utilisée afin de permettre la réalisation de frises ornées et de bas reliefs évocateurs de la vie des saints personnages, mis en exergue par la liturgie ou la tradition populaire limousine.
Essayer de comprendre les bâtisseurs et sculpteurs antiques, romans et gothiques, ne pouvait se faire sans aborder le sujet par une démarche personnelle, ni s'en s'employer à maîtriser l'art de l'utilisation des ciseaux et du maillet de sculpteur.
Si votre serviteur n'en est pas tout à fait à un coup d'essaie, force est de devoir admettre que ma dernière tentative remontait à longtemps, c'est pourquoi j'avais quelques appréhensions lorsque je décidais de reprendre mes outils de tailleur de pierre.
Je travaille actuellement sur ma troisième réalisation. Celle-ci est proche dans son esprit de l'art des bâtisseurs transmis par les compagnons sculpteurs, pendant tout le Moyen-âge et même par ceux de la Renaissance et d'expressions artistiques plus proches de nous, tel le cubisme.
L'idée fondamentale, ayant guidée l'élaboration de cette œuvre, fut celle de réaliser une figure géométrique rappelant les dodécaèdres utilisés de manière symbolique dans la sculpture et l'architecture.
La Pierre de Lens a été utilisé pour des constructions et sculptures à Nîmes, Carcassonne, Montpellier, Perpignan, ainsi que pour beaucoup de monuments antiques du sud de l’hexagone.
J’ai finalement décidé de confectionner un petit rhombicuboctaèdre, c'est-à-dire un polyèdre convexe semi-régulier, fortement symétrique, composé de huit faces triangulaires, dix-huit faces carrées et 24 sommets identiques, avec un triangle et trois carrés s'y rencontrant, tel que l'on peut le voir dans une version imprimée de la Divine Proportion de Léonard de Vinci.
L'idée initiale était de poser cette figure géométrique sur un socle carré, auquel elle sera réunie par un petit pilastre, formant partie intégrante de l’œuvre, puisque sculpté dans un même bloc de pierre.
Le travail préparatoire à d'abord consisté à tracer l'ébauche qui est très vite apparue être une figure complexe. Ceci m'a permis de constater qu'il fallait rester modeste et que seuls les plus grands avaient réussi à dessiner ou réaliser ce type de figure géométrique à trois dimensions, aux prix d'un grand effort de précision.
Puis à commencer l'ouvrage consistant à faire sortir le polyèdre de sa gangue de pierre. Un travail de découpe avec une grande scie à pierre et à la taille de certaines parties avec les ciseaux à pierre ou burins et le maillet en bois ou en métal, complété par la finition réalisée avec la râpe et le rifloir à pierre.
Il faudra encore de nombreuses soirées de labeur intensif avant d'arriver à former l’œuvre finale, mais chaque étape de la sculpture en gestation mérite d'être observée et même méditée.
C'est pourquoi j'ai cru bon, en hommage aux sculpteurs du temps jadis, de vous faire partager l'excitation du modeste sculpteur que je suis, qui ne peux que s'essayer à imiter modestement ses pairs !
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Edouard dans l'atelier de La Haye |
Bien que les pierres naturelles relativement dures, issues des gisements proches des monuments érigés sur le socle granitique Limousin, ne se soient pas prêtées au façonnage de sculptures élaborés, certains maîtres d'œuvre n'ont pas hésités à incorporer des blocs de calcaire dans l'architecture de leurs édifices.
Cette adaptation fut souvent utilisée afin de permettre la réalisation de frises ornées et de bas reliefs évocateurs de la vie des saints personnages, mis en exergue par la liturgie ou la tradition populaire limousine.
Essayer de comprendre les bâtisseurs et sculpteurs antiques, romans et gothiques, ne pouvait se faire sans aborder le sujet par une démarche personnelle, ni s'en s'employer à maîtriser l'art de l'utilisation des ciseaux et du maillet de sculpteur.
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octaèdre chanfreiné |
Voila maintenant trois années (je devrais dire saisons) consécutives, que je m'emploie dans mon temps libre à redécouvrir les gestes du sculpteur et du tailleur de pierre en particulier, bien que je me sois essayé entre temps à l'art du modelage.
La taille de la pierre est un enrichissement incroyable, c'est un peu comme si l'on revenait aux sources de l'expression artistique et architecturale !
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ébauche du polyèdre |
L'idée fondamentale, ayant guidée l'élaboration de cette œuvre, fut celle de réaliser une figure géométrique rappelant les dodécaèdres utilisés de manière symbolique dans la sculpture et l'architecture.
Je suis parti d’un bloc de Pierre de Lens, qui est un calcaire oolithique miliaire formé il y a 115 millions d'années, au Crétacé inférieur, extrait d'une carrière de pierre proche de Nîmes dans le Gard, dont l’exploitation historique remonte à la période romaine.
Ce bloc de relativement grandes dimensions, puisqu'il formait à l'origine un parallélépipède rectangle de 40 cm sur 40 cm à sa base, haut de 60 cm, pesait aussi un poids respectable, dépassant les 200 Kg.
La Pierre de Lens a été utilisé pour des constructions et sculptures à Nîmes, Carcassonne, Montpellier, Perpignan, ainsi que pour beaucoup de monuments antiques du sud de l’hexagone.
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l'ouvrage avance |
L'idée initiale était de poser cette figure géométrique sur un socle carré, auquel elle sera réunie par un petit pilastre, formant partie intégrante de l’œuvre, puisque sculpté dans un même bloc de pierre.
Le travail préparatoire à d'abord consisté à tracer l'ébauche qui est très vite apparue être une figure complexe. Ceci m'a permis de constater qu'il fallait rester modeste et que seuls les plus grands avaient réussi à dessiner ou réaliser ce type de figure géométrique à trois dimensions, aux prix d'un grand effort de précision.
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découpe avant finition |
Il faudra encore de nombreuses soirées de labeur intensif avant d'arriver à former l’œuvre finale, mais chaque étape de la sculpture en gestation mérite d'être observée et même méditée.
C'est pourquoi j'ai cru bon, en hommage aux sculpteurs du temps jadis, de vous faire partager l'excitation du modeste sculpteur que je suis, qui ne peux que s'essayer à imiter modestement ses pairs !